13 Août 2016

Professeur Philippe Even : le cholestérol est une molécule essentielle à la vie

Une longue interview du professeur Philippe Even reprend les investigations auxquelles il s’est consacré, sur les pas de Michel de Lorgeril, sur la nature réelle du cholestérol, ses multiples fonctions, et évoque même la grande beauté de ce « cristal » unique en son genre.

Le cholestérol est en effet :

  • présent à l’intérieur même de la membrane plasmatique de chacune de nos cellules, en nombre non négligeable
  • est en grande partie produite par notre foie

D’autre part le corps rivalise d’ingéniosité pour protéger les molécules de cholestérol.

Dès lors on peut se poser une question légitime : pourquoi notre organisme dépenserait-il autant d’énergie pour produire et protéger une molécule qui ne lui serait pas bénéfique ? Ne serait-ce pas aberrant ?

 

Le professeur Even, président de l’Institut Necker, n’en est pas à son premier pavé dans la marre des industries pharmaceutiques, loin s’en faut (cf sa biographie sur wikipedia).

A mon sens il fait honneur à sa profession, notamment quant à sa responsabilité, en tant que médecin, de protéger la santé de la population.  

Cette longue et passionnante video s’organise en six parties successives. 

 

Pourquoi on en est venu à considérer le cholestérol comme mauvais pour la santé ?

Tout est partie d’une erreur de la pensée médicale : en gros « les maladies artérielles sont dues aux plaques d’athérome, il y a du cholestérol dans les plaques donc le cholestérol en serait responsable ».

Assez vite après la découverte et les premières études sur le cholestérol, l’industrie a compris que s’ouvrait devant elle le paradis des marchés pharmaceutiques : parce qu’elle a cru ces chercheurs pionniers, elle va instrumentaliser leur erreur initiale. Donc même s’il y a une certaine bonne foi à la base, elle a très vite conquis ce marché : « éliminer à tout prix le cholestérol de notre organisme ». Et quand un chercheur japonais trouve par hasard une molécule, la première statine, qui bloque la synthèse du cholestérol (et du mévalonate), ce sont des profits par millions, si ce n’est par milliards, qui se profilent alors.

Lorsque dans les années 1980, des études par des biochimistes sont faites sur le cholestérol pour comprendre réellement le rôle de cette molécule, on comprend alors que par bien des aspects, il est indispensable et surtout bon pour notre organisme : elle va être même l’objet de 13 prix Nobel de médecine !

Mais les médecins ne suivent pas ces découvertes, les nouveaux ne l’apprennent pas, les gens croient ce que leur affirme leur docteur, d’où cette ignorance encore aujourd’hui.

Pr-Philippe-Even

Les caractéristiques du cholestérol :

Il faut savoir que le cholestérol est une molécule rigide : un véritable cristal en fait, fabriqué par l’organisme lui-même (essentiellement le foie) ; elle nous est donc tout à fait nécessaire, et même indispensable : il n’existe pas une seule molécule aussi centrale dans de nombreux échanges biochimiques essentiels à notre organisme. Si essentiel que ce « cristal » est quasi indestructible ! Il est recyclé plusieurs fois mais n’est jamais détruit (seulement éliminé au bout d’un certain temps)… c’est dire son importance pour le corps. 

 

Quelles sont les 3 principales caractéristiques du cholestérol ?

1) il constitue l’armature de la membrane cellulaire (constituées elles même de phospholipides, des acides gras de grande pureté, fluides, qui ne deviennent solides et robustes que par le biais du cholestérol. Sans ce dernier, les membranes seraient donc fragilisées, ce qui augmenterait les risques de rupture des cellules (surtout musculaires et nerveuses).

                2) le bon fonctionnement de notre organisme dépend de la bonne communication entre nos cellules ; certaines vont émettre des besoins, d’autres vont les interpréter et les satisfaire.

Mais quel est le rôle du cholestérol ici ? Et bien les récepteurs, présents dans la membrane et recevant les besoins particuliers de telles ou telles cellules sont tout simplement ancrés sur le cholestérol.

                3) enfin le cholestérol est LE transporteur des graisses, et sera utilisé en fonction des besoins en acides gras. Or, notre énergie et au sens plus large notre vie, dépend de la combustion de ces acides gras. Son acheminement aux différentes cellules est donc tout à fait essentiel.

 

Le cholestérol va être utilisé par l’organisme, notamment pour :

– la fabrication des hormones stéroïdes (d’un côté, il est indispensable à la fabrication des hormones et de l’autre, il est indispensable pour les récepteurs qui vont entrer en communication avec les hormones).

– dans le foie, une partie du cholestérol va être acidifié pour fabriquer des acides biliaires. Dans le tube digestif, ces derniers vont jouer un rôle prépondérant dans l’absorption des graisses, et par là même la fabrication d’énergie (ATP) pour l’ensemble des fonctions physiologies (hélice de Lynen).

 

Autre point, le cholestérol est très difficile à fabriquer pour l’organisme : il n’y a pas moins de 36 étapes successives pour son élaboration ! Il existe une petite déviation au cours de ce processus qui va créer le mévalonate : modifiée à son tour, cette molécule va produire les isoprénoïdes, qui vont jouer un rôle clé en activant des molécules déterminantes pour les fonctions cellulaires, comme la prolifération cellulaire, les réponses du système immunitaire ou encore la protection contre l’oxydation.

Les isoprénoïdes contrôlent aussi une protéine permettant la construction des os, entre autres.

Ainsi, on voit bien que sur de nombreux points clés de notre santé, le cholestérol intervient et assure le bon fonctionnement de fonctions essentielles de notre organisme.

Debré et even

Comment expliquer alors qu’on le retrouve dans les artères et qu’on l’a associé de ce fait, aux maladies artérielles ?

En réalité, le cholestérol ne joue qu’un rôle infime dans les maladies artérielles et il en est loin d’être la cause.

La maladie artérielle est une maladie inflammatoire due aux chocs de la pression artérielle sur les vaisseaux. Cela n’existe que chez les grands animaux (hommes ou grands singes qui se tiennent de manière verticale). Les battements du cœur font circuler le sang et provoquent un pic de pression pour que la perfusion cérébrale soit assurée. Ces pics de pression vont créer de petites blessures au niveau des artères.

A partir de là, les cellules du sang arrivent pour cicatriser ces micro blessures. Et ces cellules réparatrices se servent entre autres des lipides présents dans le sang. Sauf qu’elles meurent au bout d’un certain temps, comme toutes les cellules, et les graisses restent. C’est pour cela qu’on retrouve des plaques de graisses dans les artères.

En résumé, les graisses se retrouvent dans les artères à cause des blessures artérielles liées à la pression et à la réparation inflammatoire. C’est un cercle vicieux.

Le cholestérol est là parce qu’il a servi à transporter les acides gras. On peut dire qu’il a joué un rôle, tertiaire, dans la création des plaques, il n’est en aucun cas l’origine des maladies artérielles. 

Mais bien sûr, tout cela est inconcevable pour la grande majorité de la population, à qui on répète depuis des années qu’il faut réduire le taux de cholestérol.

Et l’industrie pharmaceutique profite de cette ignorance pour vendre sa molécule qui combat le cholestérol, les fameuses statines.

 

statins

Les statines, qu’est ce que c’est ?

Les statines sont des molécules qui arrêtent la double voie de synthèse, celle du cholestérol d’abord mais celle du mévalonate aussi, et dont l’industrie pharmaceutique nous dit aussi qu’elles réduisent les complications cardiaques et cérébrales de la maladie artérielle.

On donne des statines aux personnes âgées entre 50 et 80 ans. Aujourd’hui cela concerne environ 5 millions de Français. Pourquoi? Parce qu’elles baissent le cholestérol, et donc, elles vont soi-disant diminuer les maladies artérielles, les infarctus du myocarde,…

Mais comme nous l’avons expliqué précédemment, l’athérome n’est en rien lié au cholestérol.

Les grandes études épidémiologiques ont été présentées par l’industrie et par beaucoup de cardiologues, comme démontrant la relation linéaire entre le taux de cholestérol et la mortalité. Tout est faux dans cette présentation des résultats mais la conséquence pour eux, est qu’il faut traiter tout le monde, même quand le cholestérol est bas pour éviter tous les risques.

En réalité, il n’y a aucun rapport entre la mortalité et le cholestérol sauf au-delà de 2,70 grammes de cholestérol. Là, la mortalité augmente ; on peut parler d’une sorte de corrélation. Mais cela ne veut pas dire que l’une est la cause de l’autre.

Le fait qu’il y ait cette corrélation est tout à fait logique puisque le cholestérol augmente tout au long de notre vie : plus on vieillit plus il est présent.

Maintenant, abordons les essais cliniques sur les statines. Ceux-ci coûtent très cher à l’industrie (on parle de 500 millions de dollars environ, parfois plus). De ce fait, leurs résultats doivent impérativement être positifs. Si leur molécule a peu d’effets (ou pire, qu’elle n’en a pas), il faut absolument améliorer et embellir les résultats. Ainsi, ils ne communiquent que des petits rapports et des conclusions qui sont bien loin des réponses qu’ils ont obtenues. D’ailleurs, si les essais n’étaient pas truqués, pourquoi l’industrie refuserait-elle d’ouvrir ses dossiers ? C’est bien qu’elle a quelque chose a caché… C’est pourquoi, à chaque fois qu’il y a eu un procès pour tel ou tel médicament et qu’elle a du ouvrir ses dossiers (sur commission rogatoire), il a été démontré, et cela sans aucune exception, que l’industrie changeait profondément la nature même des résultats.

 

Les effets secondaires et complications dues à la prise de statines :

Le cholestérol étant partout, la suppression du cholestérol entraîne des complications partout :

– au niveau musculaire, articulaire (douleur)

– au niveau cérébral (déclin de l’attention, de la mémoire,…)

– au niveau sexuel (baisse de la libido,…)

– au niveau cutanée (démangeaison, marques,…)

– au niveau pulmonaire, etc.

 

Les effets indésirables des statines sont des complications de l’âge.

Les malades attribuent ces complications aux statines (et non au vieillissement) que quand ils les arrêtent, puisque là dans la plupart des cas, les douleurs disparaissent. Et quand ils vont reprendre une statine, la douleur va réapparaitre.

D’après les essais cliniques qui parlent des complications (6 sur 40), ces dernières ne surviendraient que dans 5% des cas. Sauf que sur les malades répondant à l’étude, ont été choisis ceux qui présentaient le plus de chance de répondre positivement à la prise de statines, et en même temps, le moins de risques de subir des complications. Ainsi, ces études truquées cachent le fait que seul un faible nombre de malades a été sélectionné ; mais elles généralisent leurs conclusions à tous.

 

Ces contraintes dues aux statines (douleurs, baisse de l’attention,…) sont gênantes mais supportables dans la majorité des cas. Cependant, le nombre d’arrêt de traitement par les statines varie entre 10 et 15% par an. Cela représente environ 500 000 personnes en France. On ne parle jamais de ces malades mais pour eux, les effets secondaires sont tellement difficiles à supporter qu’ils ont dû arrêter la prise de statines. Et là, c’est la récupération pour une grande partie. Nous sommes bien devant une preuve expérimentale de la responsabilité des statines.

 

En conclusion…

L’intérêt des statines est donc de plus en plus remis en question : elles visent la production d’une molécule nécessaire à notre vie, et elles provoquent des effets secondaires non négligeables.

Elles ne réduisent pas du tout, contrairement à ce que dit l’industrie et beaucoup de cardiologues, la fréquence des complications cardiaques.

Même les effets minuscules démontrés dans les essais cliniques (falsifiés) pour la prise de statines, ne sont pas confirmés par une baisse des infarctus du myocarde ou des AVC. Ou du moins, ils ont continué à diminuer comme ils le font depuis une quarantaine d’années, grâce à d’autres médicaments (ceux contre la tension artérielle, contre la coagulation du sang,…).

 

En mai 2015, Philippe Even sort son livre La vérité sur le cholestérol.

Invité par BFMTV, on lui donne la possibilité d’un réquisitoire implacable de l’avidité industrielle. Quelques grands médias ont le mérite de lui donner la parole.

 

Deux remarques du blogueur :

  1.  A mon sens le cholestérol est le résultats d’une alimentation trop riche en glucides et en mauvaises graisses, fatals sur le long terme, au bon fonctionnement hépatique. Au contraire un apport suffisant en bonnes graisses (c’est à dire « originelles » : crues, non cuites et non transformées, mais surtout les omega 3), en antioxydants et en nutriments bons pour le foie, contribuent de façon non négligeable au maintien d’un taux normal de cholestérol.
  2. Pour bien gérer le cholestérol de la personne âgée, il est conseillé de vérifier le fonctionnement de la thyroïde, notamment la bonne conversion de la T4 en T3.

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